Les enfants, NOS ENFANTS, nous les aimons tellement plus que notre propre vie.
Toutefois, ils sont souvent, bien malgré nous, les petites victimes de nos rêves
naufragés ou de nos attentes. Quelle future maman ou futur papa n'a pas, durant la
grossesse, rêvassé au sujet de l'enfant à venir, fait des projets et même osé visualiser
ce que sera la petite vie de famille, la vie de l'enfant? Ah! il (elle) ressemblera à ça,
fera ceci ou celà, ensemble nous ferons ceci, irons la-bas. Bref, les rêves, le buts et
les attentes ne manquent pas.
Si bien que l'enfant n'est pas encore né que les dés sont jetés, les cartes sont jouées...
ce sera ainsi que ça se passera. Nous avons presque tous et toutes cette attitude, non pas
par égoïsme, mais bien par idéalisme. Notre enfant sera le plus beau, le plus intelligent,
le plus gentil, le plus doué, le plus "parfait"...voilà ce à quoi on s'attend dans cette
société si exigeante ou performance est le mot d'ordre général.
Il n'est pas mauvais de rêver, de se créer en soi une réalité souhaitée et souhaitable.
Toutefois, un détail semble souvent nous échapper. Nous bâtissons nos rêves en fonction
de nous-mêmes sans considérer le fait qu'il implique d'autres personnes. Des gens qui ont,
eux aussi, leurs rêves et surtout leur propre individualité, leur personnalité et que chacun
d'entre nous est ici sur terre afin d'accomplir sa destinée, son propre chemin de vie.
Constatant graduellement que le quotidien qui s'installe ressemble de moins en moins à tous
ces rêves espérés, la frustration, la déception et la peine s'installent. Dès que cet enfant
qui devait être si parfait vient d'une façon ou d'une autre contrecarrer les plans que nous
avions si soigneusement et amoureusement établis, rien ne va plus.
Nous tentons par tous les moyens de ramener l'enfant à l'intérieur de balises supposément
adéquates selon les belles théories de tous ces spécialistes de l'éducation des enfants.
Il doit impérativement cadrer dans les critères pré-établis pour que le rêve soit parfait.
Les enfants d'aujourd'hui sont dotés d'une grande intelligence et surtout d'une créativité
presque sans limite. Tout les stimule. Ils ont besoin de pouvoir s'affirmer, d'oser être ce
qu'ils sont et surtout d'avoir les moyens, l'aide et les opportunités de s'affirmer, de prendre
la place qui leur revient. Ils sont nos bâtisseurs de demain et jour après jour nous leur apprenons
à rester assis sans rien dire, à se plier à des règles qui ne sont plus adaptées pour l'avenir
vers lequel ils sont en route.
Si dans l'avenir, au lieu de les médicaliser et médicamentés nous tentions une approche plus humaine,
faisant preuve d'ouverture et commencions ne serait-ce qu'à les observer et les écouter attentivement,
nous apprendrions bien des choses. Je ne veux pas dire de les laisser faire tout ce qu'ils veulent, au
contraire, simplement être attentifs à leurs besoins réels, à leurs réactions afin de saisir le message
qui peut se cacher derrière cette rébellion aux apparences d'indiscipline, de désordre.
Bref, comprendre les maux qui se cachent derrière les mots...
Ils ont TOUT à apprendre c'est vrai, mais ils peuvent aussi TOUT nous apprendre...